The Knick

« Un des 3 meilleurs films de Steven Soderbergh ». C’est ainsi que Pierre Murat conseillait il y a quelques semaines à l’antenne du Masque et la Plume (émission concurrente mais néanmoins amie de l’Entrepod 😉 ) de découvrir, The Knick, la 1ère série TV du prolifique réalisateur de films aussi variés que Traffic, Ocean’s 11, Erin Brokovich, Hors d’atteinte, l’Anglais, Solaris, et tant d’autres…

Teasing réussi qui m’a amené à regarder la 1ère saison dont les 10 épisodes ont  été intégralement réalisés par Steven Soderbergh lui-même, fait assez rare pour être signalé (à titre de comparaison, David Fincher a réalisé… 2 épisodes de la saison 1 de sa série House of cards).

The Knick ? C’est le diminutif d’un hôpital new-yorkais, the Knickerbocker Hospital, au tout début du 20ème siècle.

Au terme d’une première scène posant en quelques plans crus l’état de l’art de la chirurgie en 1900 (soit l’état de l’art de la boucherie charcuterie en 2016), le médecin chef du service de chirurgie met fin à ses jours, jetant dans le désarroi sa petite équipe, et au premier chef John Thackery – Clive Owen, impressionnant d’intensité – chirurgien surdoué dont il était le mentor.

Ce personnage, pivot de cette saison 1, lui-même en proie à ses propres démons, va donc prendre les rênes de l’équipe, qu’intègre par ailleurs un brillant jeune chirurgien noir, Algernon Edwards (Andre Holland).

Réalisation virtuose, musique électro décalée (Cliff Martinez – pour la B.O., c’est ici) qui contraste intelligemment avec une reconstitution d’époque soignée… Tout contribue à trancher avec les classiques séries hospitalières. On assiste aux balbutiements de la chirurgie moderne et des services de Santé publique, à la modernisation progressive des hôpitaux confrontés (déjà !) aux difficultés de financement, dans une Amérique  où fleurissent les bars à opium et où la cocaïne est librement vendue en pharmacie…

Vous détournerez fatalement la tête lors de certains épisodes, les scènes d’opération étant parfois très éprouvantes et réalistes, mais il faut absolument passer outre : comme dans toute grande série, l’intérêt réside dans l’évolution, les parcours et les interactions entre des personnages complexes, aux multiples facettes. Le scénario de Jack Amiel et Michael Begler décrit en effet les parcours de médecins, infirmières (notamment Lucy, jouée par la charmante Eve Hewson), de la directrice et de l’administrateur de l’hôpital, du rugueux ambulancier Tom Cleary, aux origines sociales et ethniques diverses, sources d’enjeux et de tensions multiples (les tensions raciales, très ancrées dans une Amérique ayant aboli l’esclavage seulement 35 ans plus tôt, culminent dans un épisode coup(s) de poing).

  The Knick promoAlors découvrez vite the Knick, série sombre aux personnages torturés ! Diffusées en France sur OCS, la saison 1 est disponible en DVD et la saison 2 le sera en juin. Pour ma part, je viens d’enchaîner, dans la foulée de la première, sur cette seconde saison, à nouveau intégralement réalisée et scénarisée par le même trio. Gage du maintien d’un niveau de qualité digne de mes séries favorites (Six feet under, Mad men, Breaking Bad) ? L’avenir le dira.

4 comments to “The Knick”
  1. Ah là, mon coquin, tu donnes envie d’y jeter un oeil.
    Pourtant comme on l’avait déjà évoqué ensemble, le visionnage du début du 1er épisode m’avait refroidit car trop descriptif visuellement (sans aucune concession) dans les interventions et comme tu dis on a envie de détourner la tête, donc pour un début, je me suis dit: si je passe toute la saison à détourner la tête, ça risque de vite me déplaire.
    Mais visiblement, il faut passer outre pour découvrir un univers bien plus vaste.
    A tester 🙂

    • L’objectif est atteint alors ;-).
      C’est justement parce que cette série m’enthousiasme que j’ai eu l’envie d’écrire le billet, afin que les quelques personnes qui voudront bien le lire aient la curiosité d’aller la découvrir. C’est le genre de série qui me fait relativiser la qualité d’autres vues récemment, comme le Maître du Haut-Château, que j’ai pourtant regardée avec un réel plaisir. Mais rares sont celles qui jouent dans cette catégorie, à mon sens. Du haut niveau.

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