Pulp & Sunderland : à la vie, à la mort

À travers la série « Sunderland ‘til i die » et le documentaire « Pulp, a film about life, death and supermarkets », retour sur le lien très spécial qui lie les britanniques au football et à la musique, deux piliers de la culture outre-Manche.

Du foot, de la pop, quelques bières, et une passion dingue. Il aurait pu s’agir de Blur, d’Oasis, des Stones d’un côté, de Manchester United, de Southampton ou de Fulham de l’autre. Mais non. Ici, c’est de Pulp et du AFC Sunderland dont il est question. Un groupe, un club, deux villes, deux temporalités et un éclairage sur la passion que nourrissent les Anglais au football et à la musique. Jusqu’à l’irraisonnable, jusqu’à la mort.

Dans un cas comme dans l’autre, il ne s’agit pas de refaire l’historique d’un club de football ou d’un groupe de musique. Les actions sont marquées dans le temps : le retour du groupe prodigue, Pulp, dans sa ville, pour un dernier concert à la maison, et une saison en enfer pour le club de football du nord est de l’Angleterre. Les deux productions mettent surtout en avant deux cités au parfum d’authenticité : Sheffield l’industrielle et Sunderland la portuaire. Deux populations aussi, filmées sans fard, avec des témoignages brut de décoffrage, où les « fuck off » n’ont pas été censurés, où les personnages centraux en prennent pour leur grade, « je pense qu’il ne baise pas assez », ose un habitant de Sheffield en mentionnant Jarvis Cocker, leader de Pulp.

Pourquoi faire un parallèle entre les deux documentaires ? Disons que les points communs sont trop nombreux, qu’on y voit les mêmes yeux brillants, les mêmes gueules abîmées, la même excitation, et quelque part, le même mode de vie. De celui que l’on ne trouve que de l’autre côté de la Manche, dès qu’on laisse derrière soi Londres et ses exceptions.

Pour le téléspectateur, la même immersion, grâce notamment à la qualité des plans et des interviews, à de bonnes idées aussi. Comme celle qui consiste à ne pas glorifier le sujet. Jarvis Cocker est filmé en train de changer, pardon, d’essayer de changer une roue de voiture, tandis que les 8 épisodes de « Sunderland ‘til i die » accompagnent les Black Cats dans leur longue et inévitable descente aux enfers.

On entre backstage avec Pulp, on ressent l’émotion, le stress d’un grand concert à domicile pour la première fois depuis une éternité. On entre dans les vestiaires, dans les bureaux du manager et dans le salon des joueurs pour la série de Netflix. L’impression de taper l’incruste, d’être changé en meuble observateur parfois. Une sensation assez jouissive.

Alors, faut-il aimer le football ou la musique pour apprécier ces deux documentaires à leur juste valeur ? Il s’agit plutôt ici d’aimer l’Angleterre, son peuple, ses passions démesurées, son bon goût comme ses mauvais. Ce qui le fait vivre, ce qui fait battre son cœur le soir ou le samedi venu. Que l’on porte une culotte « Pulp » ou le maillot rayé blanc et rouge de Sunderland, que l’on chante à plein poumon le refrain de Common People ou l’hymne du club, que l’on boive une bière ou une pinte, il ne reste à la fin qu’une passion démesurée que l’on envie parfois. Souvent.

Sunderland ‘til i die (disponible sur Netflix) :

Pulp, a film about life, death and supermarkets (disponible en DVD) :

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