Nos Bowie à nous

bw

Certes, évoquer Bowie ces temps-ci, c’est d’une banalité affligeante…  Mais ce n’est pas parce que tout le monde l’a fait que nous devions ne pas le faire pour autant ! Voici donc un portrait « puzzle », composé des visions croisées de chaque membre de l’Entrepod ayant eu l’envie (et le temps) de se prêter au jeu. L’occasion de se rendre compte qu’au sein même de notre petite équipe, la perception de Bowie était diverse et variée… Car chacun a bien « son Bowie à lui ».


Kristof

Ashes to Ashes : C’est par ce morceau que je découvris David Bowie.

Bien que ce titre date de 1980, ce n’est qu’en 1981, lors de mes premières soirées d’ados que ce morceau résonna pour la première fois à mes oreilles. Ce qui m’interpella immédiatement, ce fut le texte du refrain que j’interprétais alors de manière totalement phonétique, comme un petit frenchy avec déjà 3 de moyenne en anglais !

Oui j’entendais Haschich to Haschich !

Mais qui était donc ce type qui parlait de fumette ?

Évidemment, il n’en était rien car par la suite, lorsque j’ai pu découvrir le sens exact de ces textes, j’étais subjugué. C’était finalement encore mieux que je ne me l’imaginais…, il nous embarquait dans ses étoiles. Et depuis, elles ne m’ont plus lâché.

Aujourd’hui encore, quand je réécoute ce morceau, je suis toujours porté par des milliards de frissons qui me déposent dans le monde du sublime. Poussière, tu retourneras à la poussière.


Niko

Mon premier contact avec David Bowie a été une sorte de choc mais pas forcément dans le sens « révélation ».

Il s’agissait du clip de Let’s Dance, vu chez des amis de mes parents au moment de ses premières diffusions TV je suppose, je devais avoir 5 ans.

Autour de moi, les gens avaient des propos dithyrambiques sur le clip et la musique alors que de mon côté, cet ensemble m’angoissait.

Du coup, le nom de Bowie a été inscrit très tôt dans ma mémoire même si initialement, ça n’était pas associé à quelque chose de très plaisant.

Ensuite, j’ai redécouvert Bowie à l’adolescence dans les années 90 et forcément, comme il a lui-même influencé beaucoup d’artistes, cela a eu tendance à m’influencer, mais plutôt indirectement, de manière assez diffuse.

C’est notamment la reprise de Nirvana du titre The Man Who Sold The World lors du concert MTV unplugged qui m’a fait m’y intéresser à nouveau.

Et toujours en dilettante, j’ai continué de suivre en pointillé cet artiste dont chaque création, apparition, ou la simple prononciation de son nom semble cristalliser l’attention générale.

Encore une fois, c’est grâce à une reprise que je me suis mis à m’y intéresser à nouveau plus sérieusement il y a 3 ans.

En 2013, le petit monde « geek » a pas mal relayé la reprise de Space Oddity en partie réalisée depuis l’ISS par le commandant canadien Chris Hadfield, illustrant à merveille la chanson.

Cette vidéo, ainsi que le visionnage du film Gravity peu de temps après, m’ont vraiment marqué, à tel point que j’ai repris cette thématique du « Lost in Space » pour l’écriture d’un des titres de l’EP de Wisdom (Deep Space).

Je ne suis absolument pas un expert et je ne suis pas sûr de connaître toute sa discographie, loin de là, mais le personnage m’a toujours fasciné, peut-être même plus que sa musique ou ses rôles au ciné.

Je n’ai donc pas de culture, ni de culte Bowie, mais des flashs plus ou moins longs et souvent marquants tout au long de  mon évolution qui ont contribué à l’impression de vide à l’annonce  de sa disparition ce lundi 11 janvier 2016.


Monsieur Lulu

Et si on dansait ?

Oui, oui, j’me souviens ! Mes 13 ans, en ce glorieux début des années 80…

Le genre de période qui marque à vie : les boums dans le garage de la p’tite voisine l’après-midi, pour son anniversaire (ou pas), entre distribution du fraisier de maman et premiers slows un peu gauches, bécotages appliqués en sus.

… Cette année-là, Nena nous jetait ses 99 ballons dans les oreilles, on chantait en baskets avec les Forbans et George nous la jouait garçon sensible au karma tout caméléon. Quant à Jakie, elle n’en finissait pas de vouloir faire le point.

… Et puis David qui déboulait là dedans, invitant toute la juvénile assistance à frétiller du croupion sur ses rythmiques discoïdes.

Aaaaaah, aaaaaah, aaaaaah, aaaaaah… Et en voiture, Simone !

Enfin, pour les autres surtout, car, bon, moi… J’étais un peu too shy shy (hush hush, eye to eye) à cette époque.  Je restais beaucoup sur ma chaise avec mon copain Harry Christian. Ah quoique…. non, non, lui il n’était jamais invité. Faut dire qu’il partait quand même de très très loin, le garçon.

Bref…

Je ne connaissais donc de David Bowie que le dandy blond au brushing péroxydé et au spencer vraiment (mais vraiment) ajusté. Un gars très pop sur lui, en somme. Un gars qui, quand il ne chantait pas, passait manifestement ses vacances d’été à se rouler tout nu dans les vagues avec une jeune fille chinoise sur fond de soleil couchant.

She said… Shhhhhhh…

Du coup, je suis plutôt allé poser mes oreilles ailleurs pendant mon adolescence. La vraie rencontre n’aura lieu que tardivement, au tout début des 90’s, lorsque que je découvrirais avec émoi l’univers de Ziggy et ses bestioles en provenance directe de Mars. Et de là… Mais ceci est une autre histoire.

J’en vois déjà là qui ronchonnent du haut de leur expertise historico-musicale : « oui, pardon monsieur, m’enfin quand même, si vous voulez rendre hommage à la carrière du Thin White Duke, faites-le correctement au moins et ne soyez pas si réducteur. David Bowie, c’était tellement plus que   ces tubes calibrés pour le grand public ».

Que tu dis, Doudou. Bien évidemment.

Mais David Bowie, c’est d’abord et avant tout mes 13 ans.

Et mes 13 ans, ils t’emmerdent.

Modern love


Arnaud

Comme le chantait si bien Pierre Bachelet, en ce temps-là,  j’avais 20 ans.

C’est en 1993 que j’ai sauté à pieds joints dans l’univers musical de Bowie avec le titre Jump They Say, dont le clip réalisé par Mark Romanek  (futur réalisateur de Photo Obsession) avait des accents très lynchiens, cet autre David étant mon idole de l’époque. Il y avait d’ailleurs eu cette apparition furtive, hallucinante et hallucinatoire, dans le Twin Peaks Fire walks with me un an plus tôt…

L’album Black Tie White Noise, dont était extrait ce titre, fut pour moi l’album de la découverte. Puis 2 ans plus tard, le choc, avec Outside, réécouté sans cesse depuis 20 ans avec notamment « mon » cultissime I’m deranged, qui ouvrira 2 ans plus tard le fantastique Lost Highway, et le Heart Filthy Lessons qui clôturait  le Seven de David Fincher, autre choc cinématographique de jeunesse.

Et à 30 ans, c’est un autre cinéaste, Wes Anderson, qui me fera plonger plus avant dans le passé musical de Bowie, au travers des réinterpréations de Seu Jorge tout au long de la Vie Aquatique, qui m’ont amené à réellement aller redécouvrir et apprécier les originaux.

Sa disparition me rend d’autant plus nostalgique que l’album Blackstar (attendu avec impatience après son clip de 10 minutes sorti en novembre, comme un retour aux sources lynchien), écouté tout au long du week-end de sa sortie, me replongeait avec délice dans le Bowie de mes 20 ans, au croisement d’Outside et de Black Tie White Noise…


Marius

En fait, pour moi c’est surtout le producteur qui a marqué ma vie….

Une grande personne, un charisme, et beaucoup de talent !!

Il laissera un grand vide dans le monde de la musique et les spectacles sans lui seront bien fades ….

Je pense fort à René-Charles et les jumeaux Nelson et Eddy ainsi qu’à Céline …..

Repose en paix René Angélil !!!


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